Le cerveau, la meilleure comme la pire de nos armes!

Notre cerveau est incroyable! Il est à la fois capable du meilleur comme du pire; il peut emmagasiner une tonne d’informations biaisées en nous trompant ou, au contraire, pousser ses capacités jusqu’à nous faire découvrir de nouveaux pans de la vie.

Pourtant, on ne le connaît que très peu ; nous n’avons jamais eu de cours à l’école pour nous expliquer son fonctionnement, comment apprendre à apprendre, les pièges à éviter et autres manipulations du cerveau.

Même si nous ne savons pas encore tout du cerveau, grâce notamment aux neurosciences et à ces 40 dernières années, nos connaissances sur le sujet n’ont fait que s’accroître. 

A travers ces quelques lignes, je vais tenter de vous transmettre une partie de mon savoir pour comprendre les bases du cerveau et de son fonctionnement, et ainsi, devenir plus aguerris à l’avenir.

Le cerveau c’est quoi en gros ?

Le cerveau (divisé en deux hémisphères) est contenu dans la boîte crânienne et baigne dans le liquide céphalo-rachidien. Autour de lui, se trouve le cortex cérébral, qui est la couche externe du cerveau et dans laquelle se trouve la majorité des neurones.

Le cortex cérébral est divisé en quatre lobes cérébraux externes. Chacun est responsable d’une ou plusieurs fonctions :

  • Le lobe frontal : responsable de la motricité, du raisonnement logique et des émotions
  • Le lobe pariétal : responsable du toucher, du goût et de l’odorat
  • Le lobe temporal : responsable de la mémoire et de l’ouïe
  • Le lobe occipital : responsable de la vue

Le cerveau est l’organe qui est un peu comme l’unité centrale du corps. C’est par le cerveau que toutes les informations reçues sont traitées puis reqnvoyées afin de réaliser une action. De la naissance jusqu’à la mort, le cerveau va emmagasiner, trier et enregistrer ou non des billiards d’informations.

Pour cela, il va s’aider des neurones. Plus de cents milliards de neurones dans notre cerveau forment une sorte d’immense filet interconnecté. Ils échangent et se transmettent des informations grâce à de petits signaux d’impulsions électriques décidant ou non de valider, trier ou apprendre une information.

Plus on stimule les neurones, plus ceux-ci s’activent et se connectent. L’apprentissage est comme une immense jungle. Quand on découvre un nouveau sujet, on doit se créer un passage au milieu des arbres et de la végétation. Mais plus on aborde et expérimente le sujet, plus les neurones se connectent et plus le chemin devient accessible et s’agrandit.

Tout ce que l’on vit au quotidien, tout ce que l’on regarde, on entend, on apprend… va se transformer en information qui va transiter entre les neurones, être triée, interprétée, stockée ou non par le cerveau qui va déterminer ce que cette information doit devenir.

C’est la somme de toutes ces informations, de cette expérience de vie qui va faire la personne que l’on est aujourd’hui : définir nos croyances, influencer notre caractère, jouer sur notre réflexion… C’est pour cela que comprendre notre cerveau et le processus d’apprentissage dès notre plus jeune âge me semble être  d’une importance primordiale !

L’apprentissage pour devenir une meilleure version du “Moi”

Comme on l’a vu, nos différents apprentissages et nos expériences permettent de nous construire et de nous développer. Mais comment ça marche ? Comment le cerveau enregistre et trie les informations ?

Pour faire simple, il faut déjà savoir que le cerveau a plusieurs formes de mémoire (souvent complémentaires) qui vont chacune participer au processus de mémorisation.

D’abord, l’information passe par la mémoire sensorielle : c’est celle qui va capter et recevoir toutes les informations à l’instant T et leur donner, ou non, de l’importance.

Ensuite, si l’information a un minimum d’importance, elle va passer dans la mémoire à court terme : C’est celle qui nous permet, par exemple, de retenir chaque mot d’une phrase pour les assembler et en comprendre le sens global (la mémoire à court terme dure environ 1 seconde voire moins).

L’information va ensuite continuer son chemin vers la mémoire de travail : celle qui va nous permettre de retenir des informations plus longtemps, comme lorsque que l’on vous demande de retenir un numéro de téléphone dans votre esprit (la mémoire de travail dure environ de 20 secondes à plusieurs minutes).

Pour finir, si l’information a passé tous les paliers, elle va alors se loger dans la mémoire à long terme : cette mémoire va permettre de garder une information ancrée pendant longtemps, comme la date d’anniversaire de vos parents par exemple (la mémoire à long terme peut durer indéfiniment).

Pour résumer, chaque information que l’on va apprendre passe par le processus suivant : 

  1. La perception : Le cerveau reçoit l’information (mémoire sensorielle)
  2. L’attention : Le cerveau porte son attention sur une information qui sort du lot (mémoire à court terme)
  3. L’encodage : Le cerveau essaye de retenir l’info (fait appel à la mémoire de travail)
  4. La consolidation : Le cerveau retient l’information pour pouvoir la restituer (mémoire à long terme)

Pour qu’une information finisse par se retrouver dans la mémoire à long terme, elle a besoin de passer plusieurs fois par la mémoire de travail. On doit lui apporter de l’attention et jongler entre la mémoire de travail et à long terme, jusqu’à ce qu’elle y reste.

En comprenant correctement le cerveau et son fonctionnement, on peut adapter nos méthodes d’apprentissage pour les optimiser et retenir plus d’informations efficacement en fonction de ce que l’on veut faire (on n’utilise pas le cerveau de la même manière si l’on a un débat avec quelqu’un ou si l’on apprend une leçon).

On sait maintenant, notamment grâce aux neurosciences, ce que notre cerveau préfère et comment il aime apprendre :

  • Il est par exemple très visuel, il aime apprendre avec des images, des couleurs, des formes etc… La visualisation est son point fort !
  • Il aime apprendre avec des émotions et en utilisant d’autres sens comme l’ouïe ou le toucher
  • En classant / organisant les informations
  • Par l’expérience / le vécu / le jeu
  • Par la répétition (ne pas répéter en boucle sa leçon, ce qui ne fonctionne que sur du court terme, mais plutôt l’étudier à différents moments pour réactiver l’information dans le cerveau et la faire passer de la mémoire de travail à celle à long terme).

Pour reprendre notre métaphore, c’est en passant plusieurs fois sur le chemin à différents moments que l’on pourra vraiment le débroussailler efficacement et en faire une route.

Si vous êtes actuellement en révision pour vos études, que vous lisez des articles/livres ou que vous regardez régulièrement des documentaires et autres vidéos,voici quelques conseils pour vous aider à mieux retenir les informations que vous verrez tout en utilisant les subtilités du cerveau :

Premièrement, l’intérêt que l’on porte à ce que l’on va apprendre. En effet, le cerveau reçoit au quotidien une dose astronomique d’informations. Pour garder le cap, il va donc trier et classer ces informations selon leur importance. Donc si nous ne portons aucun intérêt à l’information que nous souhaitons retenir, le cerveau va naturellement mettre cette information de côté pour laisser plus de place aux choses importantes à nos yeux.

Lire aussi:  Pourquoi les riches sont-ils riches? (Bourdieu et sociologie)

Pour résumer, plongez-vous dans des domaines qui vous passionnent ou pour de bonnes raisons ! Trouvez votre motivation.

Ensuite, soyez attentif ! Contrairement à ce que l’on pense, on ne peut pas réellement faire deux choses à la fois. En réalité, le cerveau va jongler entre nos deux tâches à effectuer en se concentrant en alternance sur l’une puis sur l’autre. Quand vous savez que vous êtes en train de regarder ou lire quelque chose de très important, focalisez votre attention sur le sujet, ne vous éparpillez pas !

Prenez des notes ! (et sous forme de mindmap ou appelé aussi carte mentale, c’est encore mieux !) Cela vous permettra de les relire régulièrement et donc de réactiver les informations pour vous permettre de connecter les neurones et ainsi, faire voyager les connaissances de la mémoire de travail vers la mémoire à long terme.

Attention à notre perception ! Notre intuition se crée inconsciemment au fur et à mesure des informations que l’on enregistre. Laisser défiler une chaîne comme BFM en fond sonore par exemple est très dangereux. Si l’on ne se concentre pas sur ce que l’on voit et sur ce que l’on entend alors, notre esprit critique sera inexistant et notre cerveau va emmagasiner des informations et développer une intuition et un ressenti biaisé de la réalité.

Notre inconscient est très fort et beaucoup plus présent qu’on ne le pense. L’intuition est à utiliser avec parcimonie. Elle se travaille et se peaufine, mais ne doit pas servir d’argument. 

Les pièges du cerveau à éviter

Aussi incroyable que soit le cerveau, il a tendance à prendre des décisions et à agir selon son bon vouloir. Il nous manipule très souvent sans le vouloir. Par exemple, s’il ne se souvient pas de tout lors d’un souvenir, il peut carrément inventer les informations. Oui oui ! Il ne se gêne pas ! Les faux souvenirs posent d’ailleurs un réel problème lors des procès et témoignages parce qu’ils peuvent être sincères mais partiellement ou complètement faux.

Le cerveau est aussi soumis à de nombreux biais cognitifs ; des altérations de la pensée déviant le raisonnement logique et rationnel de la réalité. Nous sommes tous touchés au quotidien par un bon nombre de ces biais. Pour les éviter ou du moins réduire leur impact, le mieux est encore de les connaître et d’apprendre à les repérer pour garder notre sens critique au maximum en éveil.

Parmi ces biais, on peut citer le biais de négativité qui nous pousse à se sentir plus choqué lors d’une grosse perte que lors d’un gros gain. On se souvient plus facilement du négatif que du positif et il a plus d’impact sur nous.

Ex : au poker, je vais avoir plus facilement tendance à me souvenir d’un “badbeat” (coup de malchance) plutôt que d’une main gagnante par chance.

Ou encore, le biais de confirmation qui nous fait trouver les détails qui vont confirmer nos croyances ou hypothèses tout en nous empêchant de voir correctement les autres arguments.

Ex : je suis persuadé que la Terre est plate et quand je fais des recherches, malgré les nombreux contre arguments, je ne me concentre que sur ceux validant ma croyance.

Il faut aussi se méfier du biais de représentativité qui nous fait considérer un ou certains éléments comme représentatif.s d’une population. On généralise trop facilement d’après notre expérience, alors que celle-ci est souvent pauvre et que la réalité est plus complexe.

Ex : j’ai vu une fois des roux voler une épicerie donc pour moi les roux sont mauvais. (Bonus : quelques jours après j’ai rencontré un roux peu aimable ; grâce à mon biais de confirmation, je suis maintenant convaincu qu’ils sont tous méchants !)

Dans le même ton, on a le biais de perception sélective qui nous pousse à interpréter de manière sélective des informations en fonction de sa propre expérience.

Ex : Il dit qu’il s’est cassé la main ? Je n’y crois pas, il aurait bien plus mal ! Un jour je me suis foulé la cheville et j’étais plié en quatre !”. Sauf que tout le monde ne perçoit pas la douleur de la même manière…

Un dernier exemple qui me semble important est celui du biais d’attribution (attribution causale). C’est la façon que l’on a d’attribuer la responsabilité d’une situation à soi ou aux autres.

Ex : quand nous sommes dans un lieu public, nous avons tendance à nous dédouaner de chaque situation. “Telle personne est plus proche…” ou “Quelqu’un a déjà dû appeler la police…”. C’est en partie à cause de ce biais que l’on peut voir des gens se faire agresser à la vue de tous ou même des femmes se faire violer dans le métro sans que personne ne réagisse.

Il est important d’être conscient de tous ces biais pour pouvoir les identifier quand ils se présentent et s’en libérer autant que possible.

D’après le psychologue d’origine suédoise K. Anders Ericsson, il faut 10 000 heures pour devenir un expert dans un domaine moyennant ténacité, assiduité et capacité à identifier ses talents. Plus on aura de temps que l’on investira efficacement, plus on évoluera et on développera nos savoirs. C’est la somme des expériences que nous vivons et de nos apprentissages qui font la personne que l’on est. Arrêtons de gaspiller notre temps, utilisons-le plutôt à bon escient pour nous, l’humanité et la terre.

Noah

Sources / En savoir plus

Institut du cerveau et de la moëlleépinière : ” Comprendre le cerveau et son fonctionnement

Liens complémentaires : ” Comment fonctionne le cerveau ? ” , ” Journal d’un terrien

Fabien Olicard (Pour l’apprentissage et la mémoire) : ” Comment rendre son cerveau plus intelligent ! L’Auto Formation

La chaîne Mnemonaute (Pour l’apprentissage et la mémoire)

Wikipedia : ” Les biais cognitifs

La tronche en biais : ” La dissonance cognitive

Hygiène Mentale : ” Raisonner de façon correct “tester votre logique

Publication vue 143 fois, dont 1 fois aujourd'hui